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Les potagers d'entreprise

Dernière mise à jour : mars 26

C'est la dernière tendance venue des Etats-Unis : les jardins d’entreprise, perchés sur les toits des immeubles de bureaux. Goûtons ensemble les bienfaits de la culture bio en terrasse.


Rive gauche, à Paris, sur le toit de La Grande Epicerie du Bon Marché, on se croirait à la campagne. Il y a quatre ans, les 700 mètres carrés qui supportaient les équipements de climatisation, désormais enterrés, ont été convertis en jardin potager. Ouvert de mai à novembre, ce havre éco-conçu, agrémenté de ruches et de nichoirs pour les oiseaux, est réservé aux 400 collaborateurs maison. Seul ou en équipe, chacun participe à son entretien avec l'appui logistique de Topager, expert du potager urbain. Jacqueline, du service informatique, est une inconditionnelle : «Dès l’arrivée de la belle saison, j'y monte chaque jour à l'heure du déjeuner. J'arrose, je sème, je ne pense plus au travail. Et quand je redescends avec des fraises, des courgettes ou des fleurs pour mes collègues, je me sens guillerette.» Cultiver la terre sur son lieu de travail, une tocade de bobos citadins ? Pas du tout, répondent les scientifiques. Selon le biologiste Edward Osborne Wilson, l'intégration de la nature dans notre quotidien bétonné est indispensable à notre bien-être physique et émotionnel. Aux Etats-Unis, pionniers des corporate gardens («jardins d'entreprise»), une étude réalisée en 2011 à l'université de l'Oregon a démontré qu'un environnement de travail connecté à la nature améliore la performance des salariés et entraîne une réduction de l'absentéisme qui peut aller jusqu'à 10%. Vous voulez attirez les jeunes talents ? Offrez-leur de la chlorophylle. Interrogés à l'automne 2018 sur leur futur cadre de travail par la chaire Workplace Management de l'Essec, 83% des étudiants jugent importante la végétalisation des bureaux et 27% la considèrent comme un critère déterminant dans le choix de leur futur employeur. Mais attention. «Pour que ça fonctionne, il faut créer un projet participatif, pas seulement paysager un espace», prévient Cyrille Schwartz, fondateur de la start-up Corporate Garden. Tour d'horizon des vertus du jardin partagé. Réduire le stress «Oxygénation», c'est le mot qui vient à la bouche de Nadia, assistante de direction chez BNP Paribas Real Estate quand elle se rend sur l'une des deux terrasses du siège d'Issy-les-Moulineaux, convertie en microferme urbaine. «Dès que je suis stressée, je vais y faire un tour et je me sens mieux.» En binôme avec sa boss, Sigrid Duhamel, PDG de BNP Paribas REIM France, elle a loué l'une des 26 parcelles proposées en culture. «Mettre les mains dans la terre, ça fait du bien, confirme Yann Lescouarch, fondateur de Cultures d'entreprise, qui anime notamment les potagers de Maisons du Monde (ameublement) et de Proginov (logiciels d'entreprise) en Loire-Atlantique. Les gens se défoulent et j'en apprends beaucoup sur les ambiances de travail !»


source CAPITAL JUIN 2019










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